Retraduire La Divine Comédie de Dante, nécessité ou exercice futile ?

Est-il bien utile de retraduire l’oeuvre de Dante pour la énième fois ? René de Ceccatty, écrivain, traducteur et éditeur, nous montre avec sa traduction de La Divine Comédie (éd. Points) que l’exercice est loin d’être superflu.

Cet article a été rédigé par Michelangelo Pampini et Silvia Luparello, étudiants en master 2 Communication interculturelle et traduction dans le cadre d’un Projet de recherche appliquée (PRA) mené par l’ISIT, grande école de référence du multilinguisme et de l’interculturel, avec le festival Vo-Vf.

Traduire, retraduire, pourquoi et comment ?  Un épineux débat et d’éternelles questions :  S’agit-il de rester le plus fidèle possible au texte d’origine, s’effacer devant l’auteur et simplement retranscrire son message ? Ou bien au contraire remanier le coeur même du texte et retransmettre le contenu avec ses propres mots en se libérant des contraintes ? La Divine Comédie, telle une partition de musique a été soumise à d’innombrables interprétations et Ceccatty nous montre sa version.

Une traduction plus moderne et accessible

Contrairement à des traductions plus archaïques et proches du texte d’origine, Ceccatty fait le choix d’une traduction plus moderne et accessible. Sacrilège diraient certains ! Il ne faut cependant pas oublier que l’oeuvre originale a été écrite il y a environ 700 ans, en plein Moyen-Âge et une étude du texte nous fait rapidement comprendre que nombre d’expressions et de références culturelles ne parleront pas au lecteur contemporain. Car La Divine Comédie n’est pas seulement une poésie, c’est également un oeuvre philosophique et un témoignage sur la société médiévale.

Les défis de traduction sont donc nombreux, et ce d’autant plus si l’on souhaite comme Ceccatty faire une traduction plus moderne et digeste destinée à un public contemporain qui n’est pas nécessairement familier de l’oeuvre de Dante. Comme le ferait un musicien avec une partition, Ceccatty interprète La Divine Comédie afin d’apporter une version inédite ayant pour but de faciliter la compréhension et éclaircir les zones d’obscurité des passages les plus complexes. Tout cela en tâchant de conserver l’aspect poétique de la langue d’origine qu’est l’italien ancien.

Concilier lisibilité, modernité et poésie

Concilier nécessité de lisibilité, modernité et poésie peut s’avérer une tâche ardue à laquelle Ceccatty s’est attelé de manière très personnelle.  Notre époque demande un style d’écriture fluide et rythmé, facilement compréhensible. Par le passé, certaines traductions, soucieuses de ne rien omettre, alourdissaient le texte de notes de bas-de-page interminables. Ceccatty fait ici le choix d’une traduction qui se suffit à elle-même, simple et concise, tout en gardant l’aspect poétique et l’essence même du texte

Malgré les inquiétudes initiales, on se rend compte que cette nouvelle traduction apporte un vent de fraicheur à l’oeuvre de Dante. Il la rend plus accessible et compréhensible tout en conservant la beauté du texte original.

Réécouter l’intervention de René de Ceccatty lors de la table ronde « Retraduire les classiques » à la 5ème édition du Vo-Vf, le monde en livres.

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